• Parfum du jour :

     

    Son hêtre :

     

    Son hêtre n’est plus
    ses racines demeurent en terre
    abri de ses contes

    reliés feuille à feuille
    en partage livresque

    ***
    De l’arbre au papier
    de ce papier aux livres
    toute une histoire

    ABC


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  • Parfum du jour :

     

     

    Sur la pierre : 

    Henri Haram Hairabédian

     

    Gravé sur la pierre
    pour aimanter nos regards
    lecture symbolique

    Le livre de la vie a déposé dans nos escarcelles des balises de lecture. D’un bon samaritain à une pièta, tant de possibles. Lire simplement la tendresse d’un élan de compassion et s’émouvoir de l’empreinte sur la pierre résonnant en nous comme un écho.

    Sa mère penchée
    vers ses bras qui se tendent
    Songe d’Athalie

    Peur plus que tendresse, d’autres temps, d’autres lieux, d’autres repères. Entre rêve et cauchemar, le souvenir d’un songe, trop souvent récité, le soir à la veillée. L’adulte porte encore en sa mémoire, le regard effaré d’un enfant.

    Ombre des nuits sans lune
    penché sur le sommeil des justes
    fantôme insomniaque

    Réveil d’une nuit sans rêve, sous le regard attentif d’une silhouette inconnue, fausse solitude. Une présence drapée des mystères nocturnes.

    La pierre est muette
    et l’imaginaire bavard
    seul le sculpteur sait

    Son œuvre terminée, offerte aux regards, permet mille et une divagations. Les miennes ne seront pas les vôtres. les siennes furent sûrement tout autre, inscrites sur la pierre pour sa postérité…

    ABC


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  • Parfum du jour :

     

    Enquête saisonnière :

     

    Ce jour-là, dans un grand cri, le printemps s’envola emportant sur son dos, les rameaux de sa tendresse. Aurait-il eu peur de l’été ?
    Depuis ce jour, happées, par la pression des ardeurs humaines, les saisons, en émoi, se heurtent et se bousculent. Leur tension évolue au plus haut de la gamme. Un jour sans, un jour avec, leur moral, en porte à faux, s’enraye.
    Sans la tendresse du printemps, point de chaleur de l’été, point de couleurs de l’automne, adieu le manteau blanc de l’hiver…
    Le ciel, rancunier, s’embrume. La terre tantôt se dessèche, tantôt s’inonde, tandis que le baromètre du temps cherche sans relâche où le printemps a bien pu s'envoler ?
    Si, au gré de vos promenades, vous le rencontriez, dites-lui combien, sans lui, le monde est déboussolé…

    ABC


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  • Parfum du jour :

     

    Choisir :

    Angelica Kauffmann, Autoportrait hésitant entre la Musique et la Peinture

     

    Chance et richesse
    D’avoir plusieurs passions –
    cordes à son arc

    Au royaume des chances, elle possédait la richesse des passions, en gerbe de talents qu’elle rêvait d’assouvir. Le temps, la vie, les conseils devaient l’aider dans son choix.

    Le temps lui dit d’être patiente.
    La vie lui dit de suivre son chemin.
    Le premier conseiller lui dit blanc.
    Le second lui dit noir.
    Le troisième préféra se taire…

    En son cœur
    chantaient les notes de musique
    lyre en délire

    Au bout de ses doigts
    dansaient pinceaux et couleurs
    en œuvres d’art

    Trottant dans sa tête
    joyeuse farandole de mots
    richesse d’une plume

    Chacun plaidant pour sa cause et la belle, ayant envie de tout, dut se décider entre tout ou rien. Privilégiant le pinceau, elle n’abandonna pas pour autant notes et mots qu’elle enfouit dans son jardin secret, le cultivant avec amour.

    Loin d’Angelica
    au creux de ses émois
    elle se construit

    Chaque corde trouvant sa place, elle trouva son style.

    Le temps lui donna raison,
    La vie traça sa route.
    Le premier conseiller soupira.
    Le second fronça les sourcils.
    Le troisième garda le silence.

    Pour s’épanouir
    elle resta toujours elle-même
    au risque de ses choix

    Si par hasard, tu passes sous ses fenêtres à la tombée du jour, tu l’entendras chanter ses refrains aux étoiles éclairant ses états d’âme.

    ABC


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  • Parfum du jour :

     

    Cyprès :

                                                    Photos de Jeanne fadosi

     

    Poings gantés de bleu
    petits boxeurs cyprès
    tisseurs de dentelle

    Même pas peur, chantait la cigale
    De quoi aurais-tu peur ? Répondait le cyprès. Mes poings sont de velours, innocents, jamais ils ne frappent. Au creux de mes mains se tricote ma grandeur. Demain mon chapeau saluera les étoiles.

    S’ouvrir au soleil
    en camaïeu de verdure
    toujours plus haut

    Échelle vers le ciel, le cyprès, en bordure des tombes, élève le chant de la cigale, porteur de la complainte des hommes. Elle chante tout le jour, écoute toute la nuit. Les secrets dont elle se fait écho, unissent terre et firmament.

    Silence au cimetière
    respect des morts et des vivants
    les cyprès veillent


    ABC


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