• Voyage, défi 189 :

     

    Pour le défi 189

    deux capitaines sur le même bateau :

    Quichottine, Jeanne Fadosi

    et la porte ouverte à de multiples voyages

     

    Si c’était un voyage :


    Si c’était au théâtre, ce serait sur une place à l’ombre d’un séquoia, chacun y viendrait, au rythme des acteurs, y déposer le message d’un auteur…
    Si c’était un voyage  intérieur, ce serait un jardin secret, avec ses zones d’ombre et ses flashs de joie, au rythme, s'il vous plaît, de votre bon cœur…
    Si c’était une chevauchée touristique, ce serait une randonnée découverte, au rythme de la transhumance saisonnière…
    Si c’était un partage intergénérationnel, ce serait des jeux, des fous-rires, des tablées joyeuses, et des petits secrets échangés, au rythme d'un grand-père et d'une grand-mère…
    Si c’était la fin du voyage, ce serait la dernière escale de notre voilier qui rentrerait au port après tant de mots croqués, au rythme de l’année scolaire…
    Si c’était un au revoir, ce serait, sous le soleil d’été, une simple halte avant la rentrée…

    Amis matelots, je remercie Dômi et tous les capitaines qui ont vaillamment tenu la barre et je vous souhaite, quel que soit votre voyage, un bel été !

    ABC


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  • Un autre monde

    - S’il doit être autre, autant qu’il soit meilleur. Pire serait sûrement une mauvaise chose.
    - Crois-tu ?
    - Non je ne le crois pas, je l’espère… Une espérance peut en valoir une autre, la mienne va vers le simple, le beau, l’aimable.
    - C’est simple, en effet !
    - À dire, oui, à vivre, je ne sais pas.
    - En doutes-tu ?
    - L’homme est complexe, il se complait dans la complexité. Lui offrir la simplicité, même sur un plateau d’argent, sur une prairie verte, sur un champ d’étoiles ou sur un lac bleu, lui semblera étrange, trop facile, et pourtant…
    - Pourtant ?
    - À quoi bon changer le monde, si ce n’est pour le rendre plus souriant, plus accessible, plus heureux.
    - Naïve ?
    - Non, poète !
    Mon monde serait un nid d’oiseaux, sur un cerisier en fleurs. Le ciel y serait d’azur, la pluie réconfortante et cristalline. Les nuits sous la pleine lune seraient peuplées de rêves mélodieux, au son d’un piano joué à quatre mains, une noire, une blanche, une jaune, et l’autre rouge, pour unir les nations. J’y naîtrais chanson, au bras d’un troubadour. N’entends-tu pas la joie qui se propage dans ce monde sans nuage ?
    - Folie utopique et déraison irréaliste.
    - Tu vois, si déjà toi, tu n’y crois pas, comment convaincre les autres ?
    - En gardant les pieds sur terre.
    - Alors, à quoi bon ? Je préfère mon doux délire impromptu.

    ABC

    (une reprise)


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  • Pour le thème de mai de la Petite Fabrique d'Écriture

     

    Illusion picturale :

     

    En bas le bruit de la vie, en musique incessante, piano, violon, violon, piano, un rythme soutenu ininterrompu, je monte marche après marche, je monte portant le fardeau des jours dans la valise de ma vie, je monte, une marche, une autre, encore une, encore une autre, je monte…
    En haut, mon mirage, ma chimère, mon songe, mon utopie, sous un ciel bleu parsemé de nuages blancs, je monte portant l’espoir d’atteindre mon objectif, la valise est plus légère, ma vie s’ensoleille, je monte marche après marche, le sommet est si proche, le but est si loin, je monte…
    Comme dans un cauchemar d’enfant, comme dans un rêve éprouvant, plus je monte, moins je progresse, en bas j’entends encore la musique du temps qui galope, en haut je vois toujours l’illusion de mon imaginaire, je piétine, marche après marche, je reste sur place au milieu de l’escalier de mon parcours, depuis des jours, des mois, des années, je monte, sans avancer…

    ABC


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  • Début et fin, défi 184 :

     

    À la barre Martine 85, avec un début et une fin imposés avec souplesse et liberté.

     

    - Je ne sais pas trop par où commencer, pour te raconter cette aventure.
    - Quelle aventure ?
    - Celle d’une vie ordinaire qui commença un beau matin d’hiver.
    - Qu’est-ce que tu as fait ?
    - Je naquis.
    - Celle vécue en famille nombreuse, portes et fenêtres ouvertes sur la vie.
    - Qu’est-ce que tu as fait ?
    - J’ai grandi.
    - Celle cheminant d’une ville à une autre en suivant le parcours professionnel d’un père.
    - Qu’est-ce que tu as fait ?
    - J’ai appris.
    - Celle poursuivie par la prise en main de responsabilités d’adulte.
    - Qu’est-ce que tu as fait ?
    - J’ai mûri.
    - Nous fûmes deux, nous fûmes trois, nous fûmes quatre, nous fûmes cinq, nous fûmes…
    - Qu’est-ce que tu as fait ?
    - En pilotant, le nez dans le guidon, j’ai construit.
    - Tout s’est accéléré, de plus en plus, avec la naissance des jeunes pousses reprenant le flambeau des racines familiales.
    - Qu’est-ce que tu as fait ?
    - J’ai souri.
    - Plus vite, toujours plus vite, la vie m’a emportée vers demain.
    - Alors qu’est-ce que tu as fait ?
    - J’ai vieilli.

    ABC


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  • Sac de nœuds :

     

    À la barre Lilousoleil et son méli-mélo de mots anciens

     


    Dans mon sac à sac, j’ai découvert un sac de nœuds.
    Voulant les démêler je me suis énervée.
    Un à un, je les ai enfermés dans un sac poubelle : faucard avec fentoir, ferrade main dans la main avec fétuque, lui-même emmêlé avec ferrandier qui apostrophait fidéjusseur, noué à filaire qui courait après fissipède, en pleine discussion avec fausset qui n’en avait flette de forlonger fonçaille à la fête de fustanelle. J’allais jeter le tout au fin fond de la poubelle, quand arriva un freluquet en quête de ficelle à qui j’offris mon sac avec soulagement.
    Il convertit le tout en une figure filiforme, pour sa prochaine exposition d’art contemporain. Fut-ce un succès ???
    Je n’en entendis jamais parlé wink2... Et vous ? smile


    ABC

     


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