• Voyage :

    Voyage :

     

    Une rediffusion d'un texte que plusieurs sûrement connaissent déjà,

    j'y reviens car j'ai un faible pour ces improbables voyages

    wink2


        Dans le fond d’un grand placard tout noir vivaient une armée de valises de toutes tailles et de tous âges… Les plus vieilles, en osier, avaient voyagé dans des trains à vapeur. Les adultes en similicuir se souvenaient des compartiments de voyageurs le long des couloirs de wagons courageusement tirés par une vaillante BB. Les jeunes souriaient, narquoises, elles qui filaient, comme le vent, dans des TGV qui, en deux temps trois mouvements, les conduisaient de la ville à la mer, de la ville à la montagne, de la ville à la ville……
        Dans un coin du placard, posé sur une grosse malle, un élégant baise-en-ville écoutait attentivement leurs récits de voyages. Lui, bagage à main, ne connaissait que les avions et les grands espaces. Fermant les yeux, pour mieux y croire, il rêvait de tunnels, de coups de sifflet et de gares….. Régulièrement, il disparaissait du placard emporté par une main pressée qui, quelques jours après, l’y redéposait aussi négligemment qu’elle l’en avait retiré… Retrouvant sa place, il reprenait ses rêves imaginaires de trajets sur les rails, ignorant qu’à chacune de ses absences, la malle, en songe, le regardait, attendrie, disparaître dans la rue, et pensait émue aux merveilleux instants qu’il devait vivre, dans la clarté du ciel, au-dessus des nuages…
        Dans le fond d’un grand placard tout noir, chacun des bagages vivait dans l’espoir d’un improbable voyage………   
     

    ABC


  • Commentaires

    1
    Jeudi 7 Septembre à 12:17

    Objets inanimés avez-vous donc une âme...yes

    2
    Jeudi 7 Septembre à 12:38

    Des valises  des malles des sacs...

    bonne journée 

    3
    Jeudi 7 Septembre à 12:51

    J'ai vendu sur le bon coin un grand nombre de cantines militaires qui nous accompagnaient sur les bateaux lorsque j'étais petite avec sur le dessus deux lettres peintes en rouge qui étaient les initiales de mon père. Ce n'est qu'après les avoir vidées et nettoyées que j'ai compris le sens de ces deux initiales.  J'ai vendu aussi deux valises en cartons et un baise en ville. Des objets d'un autre âge que je n'avais pas la place de mettre chez moi. J'ai tout de même  emporté avec beaucoup de peine trois petites cantines dans mon grenier pour y ranger d'autres objets. Je n'en avais pas vraiment besoin mais cela fait tellement mal au cœur de devoir se séparer de tout ce qui a fait ce que nous sommes. Je regrette énormément une énorme malle en osier mais sans doute sera-telle bien avec son nouveau propriétaire.

    Des voyages d'un autre âge dans des trains dont les sièges en bois n'étaient pas confortables du tout et qui duraient un temps infini!

    J'ai beaucoup aimé ton texte qui tu le vois a fait surgir une gamme de pensées

    bises et bonne journée

    4
    Jeudi 7 Septembre à 13:05

    Voilà des vieilles valiches en carton qui voudraient bien se faire la malle ! Rhaaaa, "saudade" quand tu nous tiens

    Saudade est un mot portugais, du latin solitas, atis qui exprime une mélancolie empreinte de nostalgie, sans l'aspect maladif. Voici la définition lapidaire de Wikipédia, celle qui me convient le mieux pour exprimer ce mot, ce sentiment, si beau et si complexe.

    Bise de belle journée ABC

    5
    Jeudi 7 Septembre à 13:10

    Chacun envie l'autre dans ce monde et c'est bien cela le problème, on ne se contente jamais de ce que l'on a et on ne le positive pas

    6
    Jeudi 7 Septembre à 13:15

    un beau voyage que celui qu'on imagine...pour les bagages aussi !

    7
    Jeudi 7 Septembre à 13:17

    Bonjour Annick. Cela fait un moment que les miennes attendent dans le garage que j'aille les sortir, les dépoussiérer et y fourrer quelques affaires pour filer vers un ailleurs... Mais au fond, ces valises rêvent tout autant que moi et on va finir aussi poussiéreuses l'une que les autres. J'aime ton texte que je ne connaissais pas

    8
    Jeudi 7 Septembre à 13:25

    je ne savais d'où provenaient tous ces bavardages dans le capharnaüm du sous sol

    et bien voilà ton texte m'a ouvert les...oreilles!

    merci ABC 

    9
    Jeudi 7 Septembre à 14:58

    Dans le placard tout noir, les bagages n'ont pas besoin d'yeux pour rêver ! Chacun rêve de sortir du train-train pour lequel il a été destiné ! Baise-en-ville sans le savoir ferait bien des envieux ! J'aime bien cette incursion dans le placard tout noir ! Bises Annick.

    10
    Jeudi 7 Septembre à 15:15

    Quel beau texte d'où s'échappent tant de rêves de voyages!

    11
    Jeudi 7 Septembre à 15:42

    Je crois sincèrement que le bagage à main doit se faire la malle pour vivre ses propres aventures. ;-)

    12
    Jeudi 7 Septembre à 16:33

    Comme quoi, les valises comme les hommes désirent ce que l'autre à. Joli texte, qui nous incite également au voyage, alors que nous sommes tous plus ou moins rentrés de vacances.

    13
    Jeudi 7 Septembre à 17:16
    colettedc

    Ah ! Cet élégant baise-en-ville fait l'envie de la malle, qui elle, est si riche de souvenirs pourtant ... vivons notre temps, hein ! L'un n'est pas plus ou moins et, soyons heureux (ses) ! Très bon ce texte, Annick ! Bonne soirée ! Amitiés♥

    14
    Jeudi 7 Septembre à 19:51

    Un adorable poème en prose et de circonstance que j'ai relu avec grand plaisir

    15
    Jeudi 7 Septembre à 20:55

    Pour voyager il faut des bagages Annick.

    Ci-dessous un copié collé :
    "Rentrée ce soir complètement HS, je vous retrouve demain en meilleure forme. J'espère que la nuit sera réparatrice.
    Bisous"

    16
    Jeudi 7 Septembre à 21:52
    erato:

    Ton texte magnifique m'a fait revivre des moments apparemment oubliés. Vraiment j'adore.

    Belle soirée, bises Annick

    17
    Vendredi 8 Septembre à 01:50

    Magnifique !!!

    J'adore !

    Bises et douce journée.

    18
    Dimanche 10 Septembre à 20:41
    DDD59

    J'aime beaucoup ton poème , je le trouve mélodieux.

    Avec le temps je suis passée de la valise classique au sac à dos que je trouve bien pratique. Sur le chemin de Compostelle, lui et moi étions devenus complices wink2

    Bisous et bonne soirée.

    Domi.

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