• Où es-tu ?

    Tour de demain :

    Où es-tu ?

    Doris Salcedo  Atrabiliarios, 1992-2004, chaussures, mur, bois, fibres animales
    Musée d’Art contemporain de Chicago

     

    Le lendemain elle allait fêter ses cinq ans, sa mère n’avait pas encore trente ans.

    Bruit de bottes
    et pas dans l’escalier –
    sans au revoir

    Au retour de l’école, il n’y a plus personne :
    - Maman, où es-tu ?

    Il ne lui reste d’elle qu’un vague souvenir d’une paire de chaussures qu’elle avait, comme tant d’autres petites filles, un jour, empruntée pour esquisser des pas de dame, au milieu du séjour, en essayant de ne pas se tordre les pieds.

    Sa mère :

    Tenant debout
    en escarpins
    toujours
    ultime signature
    de sa féminité

    Au fond de son cœur une éternelle question :
    - Maman, où es-tu ?

     

    ABC


  • Commentaires

    1
    Vendredi 23 Mars à 06:24
    Très émouvant. Bisous
    2
    Vendredi 23 Mars à 06:42

    Oui, émouvant

    3
    Vendredi 23 Mars à 07:00
    De très beaux mots épurés émouvants et tristes: vagues souvenirs d’enfant flous comme cette photo
    4
    Vendredi 23 Mars à 07:11

    Oh c'est triste bonne journée

    5
    Vendredi 23 Mars à 07:16

    Une période qu'on ne peut oublier et que ton récit évoque bien.

    Beaucoup d'émotion en te lisant.

    Passe une douce journée ABC. Bisous.

    6
    Vendredi 23 Mars à 07:36

    Un texte qui tire les émotions du coeur et des yeux. Une Maman qui disparaît, c'est comme une part d'ombre qui reste éternellement sur le coeur. Bises alpines affectueuses.

    7
    Vendredi 23 Mars à 07:46

    C'est très beau ce bruit de bottes barbare associé au souvenir de ces jolis escarpins, symboles de douceur et de féminité. Tant d'atrocités encore et toujours sur cette pauvre terre. Bises et bonne journée

    8
    Vendredi 23 Mars à 08:55
    LADY MARIANNE

    très émouvant--- où est maman câlin, aimante ??
    bisous et bon vendredi-

    9
    Vendredi 23 Mars à 08:56

    Belle et douce journée 

    10
    Vendredi 23 Mars à 09:17
    Josette

    l'étourdissant silence répond à la mémoire...

    11
    Vendredi 23 Mars à 09:48

    C'est beau Annick, mais tu m'as fichu le bourdon en lisant ton texte.

    Bises et bon vendredi

    12
    Vendredi 23 Mars à 11:01

    Un texte émouvant qui nous renvoie à un passé que l'on aurait cru révolu. Un texte qui fait écho à la panique d'un enfant de 3 ans de voir partir sa maman, simplement à cause de l'angoisse contagieuse d'une carte de séjour à renouveler et de l'argent qui manque pour en payer le timbre fiscal.

    Combien d'enfants, en ce moment, dont la mère "disparait" ainsi sans avoir le temps de ...?

    13
    Simenon
    Vendredi 23 Mars à 15:33

    Very simple,stark and poignant - an emotionally powerful piece

    14
    Vendredi 23 Mars à 19:06
    colettedc

    Superbe participation, Annick ! Bravo ! Bonne soirée ! Amitiés♥

    15
    Vendredi 23 Mars à 20:57

    loin notre enfance et ma mère ; je me souviens uniquement des chaussures que ma soeur ne voulait pas mettre ; elle devait avoir 5 ans et elle pleurait ... 

    enfin ma mère regarda, une guêpe était dans la chaussure et avait piqué le pied de ma soeur.

     

    Bonne soirée et merci pour ton texte émouvant. 

    16
    Samedi 24 Mars à 11:37

    Coucou Annick... que c'est émouvant ! Bon w.e. Bisous

    17
    Samedi 24 Mars à 20:36
    Combien de cruautés, de familles déchirées et d'enfants perdus devant ce vide effroyable de la disparition d'un parent! La petite fille gardera pour toujours cette blessure immense.
    Merci pour ce texte poignant, hélas toujours d'actualité dans quelque coin du monde.
    18
    Martine
    Lundi 26 Mars à 09:14

    Beau et très émouvant en même temps.

    Rien ajouter au commentaire de Balaline. Même pensée.

    Bisous

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